Posted: Updated:

Sivane Soumagnac, responsable des affaires publiques et Romain Deshayes, responsable du développement commercial chez GazelEnergie, reviennent sur les enjeux de la récente ordonnance sur l’hydrogène et détaillent les projets de l’entreprise dans ce secteur.

Dans quel contexte l’ordonnance sur l’hydrogène a-t-elle été publiée au Journal Officiel le 18 février ? 

Sivane Soumagnac : Cette ordonnance s’inscrit dans le cadre de la politique énergétique de la France, qui vise à développer l’hydrogène pour décarboner l’industrie et la mobilité. La Stratégie nationale présentée en septembre dernier prévoit d’y consacrer 7 milliards d’euros sur dix ans. L’objectif est que la part d’hydrogène renouvelable et bas-carbone atteigne environ 20 à 40% des consommations totales d’hydrogène à l’horizon 2030. L’ordonnance découle de la Loi énergie-climat du 8 novembre 2019. C’est une étape importante dans la constitution d’un cadre pour l’hydrogène qui apporte de la sécurité juridique aux acteurs de la chaine.

L’ordonnance introduit une nouvelle terminologie. De quoi s’agit ?

Sivane Soumagnac : Le texte abandonne les couleurs au profit d’une nomenclature fondée sur plusieurs critères : les sources d’énergie utilisées pour produire l’hydrogène et les émissions de CO2 associées. L’hydrogène est classé en trois catégories : renouvelable, bas-carbone ou carboné. Des précisions doivent maintenant être apportées via un décret et un arrêté, par exemple en ce qui concerne le seuil d’émissions qui permettra de déterminer ces différentes catégories.

Quels sont les autres points importants de cette ordonnance ?

Sivane Soumagnac : Elle met en place un double système de traçabilité pour informer sur l’origine de l’hydrogène et donner de la transparence aux consommateurs. Le caractère renouvelable ou bas-carbone de l’hydrogène produit va être attesté par l’émission de garanties. Plusieurs dispositions concernent aussi l’injection dans les réseaux de gaz naturel. Enfin, l’ordonnance prévoit un mécanisme de soutien pour la production d’hydrogène renouvelable ou bas-carbone par électrolyse de l’eau. L’enjeu est de combler le manque de compétitivité  par rapport à l’hydrogène fossile. Cela pourra prendre la forme d’une aide au fonctionnement ou d’une combinaison d’aides  à l’investissement et au fonctionnement.

Comment s’intègrent vos projets dans le cadre des ambitions nationales dans l’hydrogène ?

Romain Deshayes GazelEnergie est un acteur important de la transition énergétique. Notre ambition est de transformer la fermeture de nos centrales charbon d’ici à 2022, conformément à la décision de l’Etat, en une opportunité pour réindustrialiser nos sites et devenir l’énergéticien vert des territoires. Cette ambition va se matérialiser notamment au travers de notre centrale Emile Huchet à Saint-Avold, pour laquelle nous avons noué un partenariat en octobre 2020 avec Storengy, filiale d’Engie spécialisée dans le stockage. Sous le nom d’Emil’Hy, ce projet a pour objectif de connecter production et usages d’hydrogène renouvelable. Une installation de production d’hydrogène par électrolyse devrait ainsi voir le jour en 2023. Ce projet est d’autant plus intéressant qu’il s’inscrit dans un projet de « Vallée Hydrogène » beaucoup plus vaste – initiative MosaHYc – allant jusqu’en Allemagne et au Luxembourg.

Quels sont les projets de GazelEnergie dans les autres centrales, en matière d’hydrogène ?

Romain Deshayes : Nous développons actuellement un  projets sur la Centrale de Provence à Meyreuil-Gardanne. Nous envisageons la création d’une unité de production de méthanol et d’hydrogène vert avec une production à partir de dioxyde de carbone capté des fumées de la centrale biomasse existante et de gaz de synthèse issu de la gazéification de bois énergie. Sur notre site de Lacq, nous travaillons aussi à un projet de CCGT (combined cycle gas turbine) à hydrogène vert, dont la production est attendue à l’horizon 2026. Il est important que notre entreprise réussisse dans un premier temps sa transition autour de ses sites historiques, de façon à s’imposer à terme comme un acteur incontournable de la filière hydrogène.

© AdC – L’Agence de Contenu

 

 

Publications similaires

L’actuelle hausse des prix de l’électricité en Europe contraint les gouvernements à envisager des...

Annoncé début septembre 2020, le plan France Relance doit permettre de préparer la France de 2030....

La Commission européenne doit dévoiler le 14 juillet une réforme permettant de répondre aux...

Posted: Updated:

Sivane Soumagnac, responsable des affaires publiques et Romain Deshayes, responsable du développement commercial chez GazelEnergie, reviennent sur les enjeux de la récente ordonnance sur l’hydrogène et détaillent les projets de l’entreprise dans ce secteur.

Dans quel contexte l’ordonnance sur l’hydrogène a-t-elle été publiée au Journal Officiel le 18 février ? 

Sivane Soumagnac : Cette ordonnance s’inscrit dans le cadre de la politique énergétique de la France, qui vise à développer l’hydrogène pour décarboner l’industrie et la mobilité. La Stratégie nationale présentée en septembre dernier prévoit d’y consacrer 7 milliards d’euros sur dix ans. L’objectif est que la part d’hydrogène renouvelable et bas-carbone atteigne environ 20 à 40% des consommations totales d’hydrogène à l’horizon 2030. L’ordonnance découle de la Loi énergie-climat du 8 novembre 2019. C’est une étape importante dans la constitution d’un cadre pour l’hydrogène qui apporte de la sécurité juridique aux acteurs de la chaine.

L’ordonnance introduit une nouvelle terminologie. De quoi s’agit ?

Sivane Soumagnac : Le texte abandonne les couleurs au profit d’une nomenclature fondée sur plusieurs critères : les sources d’énergie utilisées pour produire l’hydrogène et les émissions de CO2 associées. L’hydrogène est classé en trois catégories : renouvelable, bas-carbone ou carboné. Des précisions doivent maintenant être apportées via un décret et un arrêté, par exemple en ce qui concerne le seuil d’émissions qui permettra de déterminer ces différentes catégories.

Quels sont les autres points importants de cette ordonnance ?

Sivane Soumagnac : Elle met en place un double système de traçabilité pour informer sur l’origine de l’hydrogène et donner de la transparence aux consommateurs. Le caractère renouvelable ou bas-carbone de l’hydrogène produit va être attesté par l’émission de garanties. Plusieurs dispositions concernent aussi l’injection dans les réseaux de gaz naturel. Enfin, l’ordonnance prévoit un mécanisme de soutien pour la production d’hydrogène renouvelable ou bas-carbone par électrolyse de l’eau. L’enjeu est de combler le manque de compétitivité  par rapport à l’hydrogène fossile. Cela pourra prendre la forme d’une aide au fonctionnement ou d’une combinaison d’aides  à l’investissement et au fonctionnement.

Comment s’intègrent vos projets dans le cadre des ambitions nationales dans l’hydrogène ?

Romain Deshayes GazelEnergie est un acteur important de la transition énergétique. Notre ambition est de transformer la fermeture de nos centrales charbon d’ici à 2022, conformément à la décision de l’Etat, en une opportunité pour réindustrialiser nos sites et devenir l’énergéticien vert des territoires. Cette ambition va se matérialiser notamment au travers de notre centrale Emile Huchet à Saint-Avold, pour laquelle nous avons noué un partenariat en octobre 2020 avec Storengy, filiale d’Engie spécialisée dans le stockage. Sous le nom d’Emil’Hy, ce projet a pour objectif de connecter production et usages d’hydrogène renouvelable. Une installation de production d’hydrogène par électrolyse devrait ainsi voir le jour en 2023. Ce projet est d’autant plus intéressant qu’il s’inscrit dans un projet de « Vallée Hydrogène » beaucoup plus vaste – initiative MosaHYc – allant jusqu’en Allemagne et au Luxembourg.

Quels sont les projets de GazelEnergie dans les autres centrales, en matière d’hydrogène ?

Romain Deshayes : Nous développons actuellement un  projets sur la Centrale de Provence à Meyreuil-Gardanne. Nous envisageons la création d’une unité de production de méthanol et d’hydrogène vert avec une production à partir de dioxyde de carbone capté des fumées de la centrale biomasse existante et de gaz de synthèse issu de la gazéification de bois énergie. Sur notre site de Lacq, nous travaillons aussi à un projet de CCGT (combined cycle gas turbine) à hydrogène vert, dont la production est attendue à l’horizon 2026. Il est important que notre entreprise réussisse dans un premier temps sa transition autour de ses sites historiques, de façon à s’imposer à terme comme un acteur incontournable de la filière hydrogène.

© AdC – L’Agence de Contenu

 

 

Publications similaires

L’actuelle hausse des prix de l’électricité en Europe contraint les gouvernements à envisager des...

Annoncé début septembre 2020, le plan France Relance doit permettre de préparer la France de 2030....

La Commission européenne doit dévoiler le 14 juillet une réforme permettant de répondre aux...