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L’installation dans la durée du conflit russo-ukrainien complique l’approvisionnement du continent européen. Quelles conséquences et perspectives pour le marché énergétique ? Analyse.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine constitue un scénario extrême pour le marché énergétique. Les prix du gaz, qui avaient atteint un sommet à 180 euros/MWh en fin d’année dernière, ont bondi brièvement le 7 mars dernier à plus de 300 euros le MWh. Le déclenchement de ce conflit est venu rappeler la dépendance énergétique européenne puisque 45 % des importations de gaz du continent proviennent de Russie.

Hausse des prix du gaz : quels recours ?

Sans surprise, la mise en place de sanctions par l’UE sur cette source d’énergie ne semble pas imminente : certains pays, à l’image de l’Allemagne, sont ultra-dépendants des livraisons d’énergéticiens russes comme Gazprom.

Sur le long terme, la solution la plus envisageable passerait par l’augmentation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), acheminé notamment par voie maritime depuis les Etats-Unis. Mais les capacités de livraison ne sont pas aussi importantes que celles du gaz russe, ce qui obligerait à construire des terminaux supplémentaires. Selon une étude réalisée par Morgan Stanley, les capacités de production de gaz naturel liquéfié s’élevaient à 462 millions de tonnes en 2021, avec un taux d’utilisation de 88 %. Le déficit mondial de production, autour de 21 millions de tonnes par an entre 2022 et 2025, atteindrait 105 millions de tonnes en 2030, soit un besoin d’investissement de 95 milliards de dollars supplémentaires par rapport aux projets déjà en cours de construction, anticipe la banque d’investissement.

Les variations des prix du pétrole 

Depuis le début de la crise ukrainienne, le prix du pétrole fluctue aussi beaucoup au gré des annonces de l’OPEP. Or, le pétrole russe représente près du quart de la consommation de l’Union européenne. Et il ne s’agit pas seulement de pétrole brut mais aussi de produits raffinés comme le diesel, qui est le carburant le plus consommé sur le continent européen.

Hausse des prix de l’électricité

La hausse des cours du gaz et du pétrole a également entraîné une nouvelle hausse de l’électricité. Selon les calculs des analystes de Rystad Energy, le mois de mars a marqué un nouveau record historique : en moyenne, les prix spot des cinq plus gros marchés en Europe (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Espagne) ont ainsi dépassé le précédent record historique atteint au mois de décembre 2021, selon la société indépendante de recherche énergétique et de veille économique norvégienne.

Déjà aigüe à l’automne dernier, la situation du marché énergétique en Europe s’est donc aggravée suite au déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Le continent européen dispose de stocks et de réserves pour gérer cette crise sur le court terme : début mars, le taux de remplissage en Europe était légèrement inférieur à 30 %, selon des données de l’UE. Mais elles ne sont pas infinies et l’accroissement de l’inflation, inévitable.  Reste à savoir si cette inflation sera durable.

© AdC – L’Agence de Contenu

 

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Hausse des prix du gaz : quels recours ?

Sans surprise, la mise en place de sanctions par l’UE sur cette source d’énergie ne semble pas imminente : certains pays, à l’image de l’Allemagne, sont ultra-dépendants des livraisons d’énergéticiens russes comme Gazprom.

Sur le long terme, la solution la plus envisageable passerait par l’augmentation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), acheminé notamment par voie maritime depuis les Etats-Unis. Mais les capacités de livraison ne sont pas aussi importantes que celles du gaz russe, ce qui obligerait à construire des terminaux supplémentaires. Selon une étude réalisée par Morgan Stanley, les capacités de production de gaz naturel liquéfié s’élevaient à 462 millions de tonnes en 2021, avec un taux d’utilisation de 88 %. Le déficit mondial de production, autour de 21 millions de tonnes par an entre 2022 et 2025, atteindrait 105 millions de tonnes en 2030, soit un besoin d’investissement de 95 milliards de dollars supplémentaires par rapport aux projets déjà en cours de construction, anticipe la banque d’investissement.

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Déjà aigüe à l’automne dernier, la situation du marché énergétique en Europe s’est donc aggravée suite au déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Le continent européen dispose de stocks et de réserves pour gérer cette crise sur le court terme : début mars, le taux de remplissage en Europe était légèrement inférieur à 30 %, selon des données de l’UE. Mais elles ne sont pas infinies et l’accroissement de l’inflation, inévitable.  Reste à savoir si cette inflation sera durable.

© AdC – L’Agence de Contenu

 

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