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Pic glacial : consommation record depuis 7 ans

Entre pics de froid et pointes de consommation, la France garde le courant… mais les prix s’affolent.


La France aborde la première vraie séquence hivernale

La France aborde la première vraie séquence hivernale de l’année dans un contexte paradoxal. Malgré un record d’exportations nettes atteint en 2025 (92,3 TWh), la France devrait repasser temporairement en position importatrice, la vague de froid entraînant une nette accélération de la demande électrique.

Les prévisions météorologiques ont été nettement revues à la baisse ces derniers jours, avec des températures attendues de 5 à 7 °C sous les normales saisonnières et des épisodes de gel étendus sur une grande partie du territoire. La France devra ainsi compter sur ses importations et sur un recours accru aux centrales à gaz pour sécuriser l’approvisionnement pendant les pics de consommation. Dans un pays où le chauffage électrique reste prépondérant, ce choc thermique se traduit mécaniquement par une hausse rapide de la consommation. RTE anticipe ainsi une demande moyenne autour de 76–77 GW sur la semaine, soit près de 4 GW au-dessus des normales, avec une charge résiduelle particulièrement élevée.


La pointe de consommation à 90 GW ?

 Mardi 6  janvier à 9h30, RTE avait prévu une consommation électrique de 90,2 GW et le réseau a finalement atteint les 90,117 GW, comme le montre le graphique ci-dessous. Cette situation illustre une nouvelle fois la forte sensibilité du système électrique français aux variations de température en période hivernale.


Pic de consommation en France (GW)

La consommation électrique française vient de franchir un record qui n’avait pas été atteint depuis 2018. Nous sommes au plus haut depuis sept ans comme le montre le graphique ci-dessous.


Côté production ?

Côté production, le parc nucléaire continue d’assurer un socle robuste. Après avoir franchi récemment le seuil des 56 GW – une première depuis 2019 –, la disponibilité devrait se maintenir autour de 54 GW dans les prochains jours. À noter toutefois le nouveau report du redémarrage de Golfech 2 (1 300 MW), désormais attendu le 9 janvier, sous réserve de la résolution d’un aléa technique. Les moyens thermiques fossiles seront mis à contribution en début de semaine afin de sécuriser l’équilibre du système, en complément des importations. La production éolienne, en retrait en début de période, devrait progressivement se redresser et repasser au-dessus des normales saisonnières à partir du milieu de semaine, tandis qu’un redoux n’est envisagé qu’à partir de jeudi.


Impact sur les marchés

Les marchés ont intégré ce contexte tendu à court terme.

Le contrat front-week a progressé de près de 30 % en quelques jours pour atteindre environ 125 €/MWh le 2 janvier, vs 94,93 €/MWh le 30 décembre, tandis que les prix spot ont fortement réagi, culminant au-delà de 127 €/MWh le 6 janvier, vs 89 €/MWh le 2 janvier.

À plus long terme toutefois, l’abondance structurelle de l’offre bas-carbone française continue de peser sur les échéances lointaines, avec un CAL 27 ayant encore baissé pour atteindre 48,79 €/MWh en clôture ce lundi 5/01. Cela rappelle que les tensions actuelles relèvent avant tout d’un phénomène conjoncturel, et non d’un déséquilibre durable du système.


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