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Le marché réagit aux annonces : mais les dégâts physiques, eux, sont réels

Un post sur le réseau social de Trump fait bondir le TTF de 5%, un autre le fait plonger de 9%. Pendant ce temps, Ras Laffan restera hors service 3 à 5 ans selon QatarEnergy


Une séance révélatrice du nouveau régime de marché

Le lundi 23 mars, le TTF Month-Ahead (Avril-26) a d’abord fortement progressé, les opérateurs intégrant l’échéance de l’ultimatum lancé par Donald Trump sur son réseau social Truth Social : l’Iran avait 48 heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz, faute de quoi les États-Unis frapperaient ses centrales électriques. Le contrat a atteint 63,15 €/MWh en milieu de matinée.

Quelques heures plus tard, un nouveau message de Trump sur Truth Social évoquant des échanges très constructifs avec Téhéran et le report de toute frappe pendant cinq jours a provoqué un retournement brutal : le TTF Month Ahead est retombé de 15% à 53,74 €/MWh, soit quasiment 10 €/MWh de variation sur une seule séance.

Dans la foulée, les autorités iraniennes ont contesté ces déclarations. Le président du Parlement iranien a dénoncé sur X des informations erronées, accusant une tentative de manipulation des marchés. Ces signaux contradictoires ont conduit à une correction partielle du mouvement baissier en fin de séance.

Volatilité Intraday du produit de référence TTF M+1 le lundi 23 mars 2026


Les échéances moyens termes impactées : les dégâts physiques ne se négocient pas

Au-delà du bruit politique, le marché fait face à un vrai choc d’offre : au Qatar, les trains S4 et S6 de Ras Laffan sont détruits. Leur remise en état prendra 3 à 5 ans selon QatarEnergy, soit 12,8 Mt/an de GNL indisponible à court terme.

Ce choc intervient au pire moment pour l’Europe, alors que les stocks de gaz ne s’établissent qu’à 28,48 % de capacité, soit 6 points de moins qu’à la même période l’an dernier, à l’approche de la campagne de remplissage estivale. Le marché forward l’a bien intégré. Au 23 mars, le TTF Cal 2027 cotait 45,72 €/MWh, 32,21 €/MWh pour le Cal 2028 et 25,21 €/MWh pour le Cal 2029. Cette backwardation très marquée montre que le marché anticipe une crise plus aiguë à court terme, même si la hausse d’environ 10 €/MWh du Cal 2028 depuis le 28 février indique déjà des tensions au-delà de 2027.

Impact de l’escalade Iran – US/Israël sur les prix du TTF


L'Europe réagit mais seulement sur la partie visible de l'iceberg

Le sommet européen des 19-20 mars a acté des mesures concrètes : autorisation pour les États membres de réduire les taxes sur l’électricité, assouplissement des redevances réseau pour les industries énergo-intensives, et un fonds de 30 milliards d’euros financé par l’ETS pour soutenir la compétitivité industrielle.

Sur le gaz, la Commission conseille d’abaisser l’objectif de remplissage des stocks à 80% contre 90% habituellement au 1 nov. 26, pour éviter d’aggraver la pression haussière pendant l’été. L’Espagne est déjà passée à l’acte avec une TVA électricité abaissée à 10% et une taxe de production suspendue. Ces mesures peuvent alléger la composante fiscale et réglementaire, mais elles ne répondent pas au risque central : celui de l’approvisionnement, qui reste suspendu à l’évolution du conflit et à l’ampleur des dégâts sur les infrastructures


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