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Gaz ou électricité : la bi énergie, un levier de compétitivité

Gaz ou électricité : le bon choix n’est plus sur le long terme, il est horaire ou quart d’heure. En 2025, l’analyse des marchés montre qu’un industriel capable de basculer entre gaz et électricité au bon moment peut générer jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros d’économies annuelles, simplement en pilotant son coût marginal de production d’énergie utile.


Une rupture durable entre gaz et électricité

Depuis longtemps et encore plus depuis la crise énergétique, les deux marchés ne réagissent plus aux mêmes signaux. L’électricité est fortement influencée par la production du parc renouvelable et les indisponibilités nucléaires, tandis que le gaz reste principalement sensible aux flux internationaux, à la saisonnalité et au contexte géopolitique. Le prix du CO₂ joue souvent un rôle d’amplificateur, rendant alternativement l’un ou l’autre vecteur plus compétitif.

Dans ce contexte, raisonner en facture mono-énergie n’a plus de sens. Ce qui compte réellement pour un industriel, c’est le coût marginal de production de l’énergie utile.


Le spread d’énergie utile : un signal simple et exploitable

Pour objectiver ce signal, nous avons comparé deux coûts opérationnels :

  • Coût d’un MWh utile produit à partir de l’électricité réseau incluant l’accise ;
  • Coût d’un MWh utile produit à partir du gaz, intégrant la molécule, l’accise, le CO₂ et le rendement de conversion.

Les composantes non arbitrables variable d’un site à l’autre (réseaux, structures contractuelles spécifiques) sont volontairement exclues. L’objectif n’est pas de reconstruire une facture, mais d’isoler le signal prix réellement pilotable.

Le graphique ci-dessous montre lu spread d’énergie utile sur l’année 2025.

Il met en évidence une alternance fréquente entre périodes favorables au gaz et périodes favorables à l’électricité. Le spread oscille régulièrement autour de zéro, avec un hiver globalement avantageux pour le gaz (l’écart est négatif) et une période printemps‑été où l’électricité redevient souvent la meilleure option (l’écart est positif).


Des écarts significatifs… et répétés

Contrairement à une idée répandue, ces écarts ne sont ni rares ni anecdotiques.

En 2025, on compte 1000 heures où l’énergie utile à partir d’électricité est moins chère de 20 à 30 €/MWh par rapport au gaz. Ces signaux dessinent une structure de marché durable, exploitable par les sites capables de réagir rapidement.


La bi énergie comme levier de compétitivité

Pour un industriel disposant d’un profil de consommation relativement stable et d’une capacité de bascule opérationnelle, l’impact est immédiat. En arbitrant dynamiquement entre gaz et électricité, le coût moyen de l’énergie utile peut chuter significativement, avec des réductions pouvant dépasser 50 % par rapport à un fonctionnement mono‑énergie électrique, et 20% par rapport à un fonctionnement mono énergie gaz.

Au‑delà du gain économique, la bi‑énergie offre aussi la possibilité de piloter son empreinte carbone, en ajustant le recours au gaz ou à l’électricité en fonction des objectifs de décarbonation.

Capturer cette valeur suppose quelques prérequis :

  • Mettre en place deux vecteurs capables de produire la même énergie utile (par exemple un couplage chaudière gaz et chaudière électrique)
  • Être en mesure de basculer rapidement via une supervision,
  • Définir des règles claires de décision, compatibles avec les contraintes industrielles (propres aux actifs, propres à l’activité, exigences HSE ou RSE, etc.).

Lorsque ces conditions sont réunies, l’arbitrage gaz‑électricité devient un véritable outil de


Et après ? Vers la flexibilité

Un tel niveau d’instrumentation ouvre naturellement la voie à d’autres leviers de création de valeur, notamment la participation aux mécanismes de flexibilité (réserves, effacement, modulation). Dans certaines configurations, ces mécanismes peuvent générer des revenus complémentaires significatifs, à analyser au cas par cas.

Le signal prix existe. Il est dynamique, lisible et exploitable. Aujourd’hui, la valeur ne réside plus seulement dans les équipements, mais dans la capacité à piloter intelligemment la bi‑énergie. Certains industriels ont passé le cap et d’autres continuent à raisonner comme avant la crise en acceptant, souvent sans le savoir, de laisser de la valeur sur la table.

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