Bonne nouvelle : il y a un cessez-le-feu ! Mauvaise nouvelle : personne ne le respecte…
La semaine dernière avait débuté de manière optimiste avec un pétrole en baisse après l’annonce de la trêve. Le week-end s’est au final refermé sur une escalade après l’échec des négociations d’Islamabad au Pakistan)
Les assureurs maritimes confirment le blocage de facto
C’est le signal le plus concret de la semaine : selon le site Montel News, l’assureur maritime Skuld maintient ses conditions d’assurance guerre inchangées tandis que Navitas Assurance Partners juge que « la poussière doit retomber » avant que les armateurs prennent le risque. Hapag-Lloyd s’abstient de traverser le détroit, six de ses porte-conteneurs restant bloqués dans la zone.
Tant que les assureurs ne bougent pas, les armateurs ne bougent pas comme le montre le graphique du nombre quotidien de passages de navires via le détroit d’Ormuz. Le Qatar avait commencé à préparer la reprise de Ras Laffan, mais la montée en puissance dépend d’un passage sécurisé : avec le blocus américain et les menaces iraniennes de riposte, l’espoir d’y revoir des méthaniers passer est retombé aussi tôt.

La compétition mondiale pour le GNL s'intensifie
L’AIE prévient que sans réouverture rapide d’Ormuz, les raffineurs asiatiques devront se tourner vers des approvisionnements de substitution tels que les États-Unis, l’Afrique de l’Ouest ou l’Australie. Ce changement aura un effet direct sur les cargaisons disponibles pour l’Europe cet été, au moment précis où le continent doit reconstituer ses stocks. La Norvège, devenue premier fournisseur de gaz de l’Europe depuis la guerre en Ukraine, profite de la situation pour intensifier son lobbying auprès de Bruxelles en faveur de l’exploration gazière arctique, preuve supplémentaire que la crise est perçue comme durable.
Un retour à la normale attendu dans plusieurs années
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le TTF CAL 2028 affiche une hausse supérieure à 40%, contre moins de 10% pour le CAL 2030 comme le montre le graphique ci-dessous:

Comme évoqué dans notre newsletter du 7 avril, la courbe forward traduit ainsi des tensions anticipées à moyen terme, avec une normalisation progressive envisagée au-delà de 2029, sans retour aux niveaux d’avant-crise.
Dans ce contexte, chaque signal diplomatique positif ouvre une fenêtre de couverture à la baisse susceptible de se refermer en quelques heures, comme en témoigne le mouvement observé mercredi. Le 22 avril, date d’expiration de la trêve, constitue la prochaine échéance à surveiller.
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